Réponse rapide à la question des patients
Le diagnostic du névrome de Morton repose avant tout sur un examen clinique précis. L’échographie et l’IRM sont utilisées en complément lorsque le diagnostic est incertain, pour confirmer la localisation exacte du nerf atteint ou éliminer un diagnostic différentiel.
Diagnostic clinique du névrome de Morton
Symptômes évocateurs
Le névrome de Morton est une cause fréquente de douleur de l’avant-pied, le plus souvent située entre le troisième et le quatrième espace inter-métatarsien. Les patients décrivent classiquement :
- une douleur brûlante ou électrique,
- des fourmillements ou engourdissements irradiant vers les orteils adjacents,
- une sensation de marcher sur un caillou ou une pierre,
- une gêne majorée à la marche ou dans des chaussures serrées.
Ces symptômes sont bien décrits dans la littérature (Mahadevan et al., Ata et al.).
Tests cliniques spécifiques
Le test de compression pouce-index est le test clinique le plus fiable, avec une sensibilité comprise entre 96 et 97,5% pour identifier et localiser le névrome (Franco et al., 2023).
Le signe de Mulder (clic palpable ou audible lors de la compression médio-latérale de l’avant-pied) et le signe de Tinel peuvent être retrouvés, mais leur sensibilité est inférieure.
À noter que chez les patients opérés sur la base d’un diagnostic clinique, 97,5% présentent une confirmation histologique du névrome, soulignant la fiabilité de l’examen clinique expert.
Imagerie du névrome de Morton : échographie et IRM
Échographie de l’avant-pied
L’échographie permet d’identifier le névrome comme une masse hypoéchogène bien définie entre les têtes métatarsiennes. Sa sensibilité est d’environ 91% avec une spécificité de 85% (Bignotti et al.).
Elle présente plusieurs avantages majeurs :
- coût inférieur à l’IRM,
- imagerie dynamique pendant les manœuvres cliniques,
- possibilité de guidage précis des infiltrations thérapeutiques.
IRM du pied
L’IRM montre une masse bien individualisée avec un signal intermédiaire à faible en T1 et T2. Sa sensibilité est estimée à 90% avec une spécificité proche de 100%.
Les méta-analyses montrent qu’il n’existe pas de différence statistiquement significative entre l’IRM et l’échographie pour le diagnostic du névrome de Morton.
Comparaison échographie vs IRM
Bien que très performantes, ces deux modalités restent moins sensibles que l’examen clinique pour la localisation précise du névrome (96,5% pour l’examen clinique contre 83,6% pour l’échographie et 93,6% pour l’IRM).
Place réelle de l’imagerie dans la prise en charge
L’imagerie est particulièrement utile lorsque le diagnostic clinique est atypique, pour le diagnostic différentiel, la recherche de névromes multiples, ou avant un geste thérapeutique ciblé.
En pratique spécialisée, le diagnostic du névrome de Morton reste avant tout clinique, l’imagerie venant en appui et non en substitution.
Prise en charge spécialisée à Versailles
Pour en savoir plus sur la prise en charge spécialisée du névrome de Morton, incluant les traitements mini-invasifs échoguidés, vous pouvez consulter la page suivante :
Le névrome de Morton : une prise en charge par un chirurgien à Versailles